La relation entre l’asbl ACRIA (Atelier de Création, de Recherche et d’Initiation à l’Art) et le Centre Belge de la Bande Dessinée (CBBD) à Bruxelles repose sur un partenariat historique crucial pour le développement et la reconnaissance de la bande dessinée africaine (par culièrement congolaise) en Europe. Présenta on du projet du 1er Salon Africain de la Bande Dessinée et de la Lecture pour la Jeunesse au Musée Belge de la BD (1990).

De g à d : Jean Auquier (Communication CBBD), Barly Baru (Président ACRIA asbl) et Guy Dessicy (Directeur CBBD) Illustration : Daniel FOUSS
Cette passerelle culturelle s’articule autour de plusieurs dynamiques clés : Le rôle central de Barly Baru L’ar ste congolais Barly Baru est le dénominateur commun majeur de cette relation. Il fonde l’asbl ACRIA à Kinshasa pour encadrer les jeunes talents et faire de la capitale congolaise un carrefour de la bande dessinée. En parallèle, dès 1991, il collabore étroitement avec le Centre Belge de la Bande Dessinée (CBBD) et y effectue des séjours de travail. C’est à travers ses ini a ves que les deux structures ont commencé à croiser leurs ambitions. Le Premier Salon Africain de la BD (1991)

(Illus :Dieudonné KABONGO & Jean AUQUIER. Kinshasa, 1991)
En 1991, l’ACRIA organise à Kinshasa le tout 1er Salon africain de la bande dessinée et de la lecture pour la jeunesse. Le CBBD sou ent ac vement l’initiative, notamment par la présence sur place de Jean Auquier (figure de proue du musée bruxellois), scellant une coopéra on officielle entre les experts belges et les auteurs kinois.

Barly Baru & Jean Auquier (CBBD, 1990)
Des expositions majeures à Bruxelles La collabora on s’est concrétisée par l’accueil de vagues d’artistes africains au sein du musée bruxellois : • L’exposi on « Cases africaines » (1992) : Suite au salon de Kinshasa, le CBBD expose à Bruxelles les œuvres et planches des auteurs encadrés par l’ACRIA. Promo on du patrimoine et émancipa on Grâce à ce pont jeté entre l’ACRIA et le CBBD, de nombreux bédéistes congolais renommés (comme Thembo Kash ou Pat Masioni) ont pu briser leur isolement, être édités en Europe, et voir leurs œuvres légi mées dans le pres gieux temple de la BD. L’ACRIA a plus tard étendu ses activités en ouvrant une antenne relais directement en Belgique. L’exposition consacrée à la bande dessinée Madame Livingstone s’est tenue au Centre Belge de la Bande Dessinée (CBBD) à Bruxelles du 2 septembre au 19 octobre 2014. Elle célébrait la sortie de cet album historique majeur publié aux Éditions Glénat.
Cette exposition temporaire, installée dans la Gallery du musée, me ait en lumière le travail graphique exceptitionnel du dessinateur congolais Barly Baruti et le scénario de Christophe Cassiau-Haurie. Le contenu de l’exposition • Planches originales à la gouache : L’exposition offrait aux visiteurs l’opportunité d’admirer de près les peintures et planches originales de Barly Baruti , saluées pour la beauté de leurs couleurs directes et leur maîtrise de la lumière africaine. • Scénographie historique : Les documents exposés permettaient de comprendre la genèse de l’œuvre et le travail de recherche rigoureux effectué sur la Première Guerre mondiale en Afrique. Une portée symbolique forte • Cette exposition a marqué un jalon important pour le CBBD puisqu’elle brisait le silence historique autour de la « question noire » durant la Première Guerre mondiale. Elle mettait en avant le rôle crucial, souvent oublié par les livres d’histoire européens, des soldats, des tireurs et des milliers de porteurs africains sacrifiés durant le conflit. Pour Barly Baruti, cette vitrine bruxelloise marquait son grand retour sur la scène franco-belge et confirmait son statut de pilier de la bande dessinée africaine.