Kinshasa, 7 mai 2026 (ACP).– Un concours de bande dessinée et un concours de composition de chanson, ouverts aux professionnels, amateurs et adolescents dès 13 ans, ont été lancés pour valoriser les créateurs congolais, en prélude à la 7ᵉ édition du Salon africain de la bande dessinée et de l’autre muzik, au cours d’un entretien mercredi à l’ACP.
« Nous avons lancé deux concours pour le Sabdam prévu en septembre. Le premier porte sur la composition de chanson, le second sur la bande dessinée. Les deux sont ouverts aux professionnels comme aux amateurs, avec une participation gratuite. Les adolescents de 13 à 17 ans peuvent concourir, à condition de fournir une attestation parentale », a indiqué Barly Baruti, initiateur du Salon Africain de la bande dessinée et de l’autre musik.
Il a précisé que le concours de chanson exige une œuvre originale de deux minutes maximum, tous genres confondus : rumba, reggae, chorale, a cappella, rap.
« Les textes, arrangements et orchestrations générés par l’IA sont strictement interdits. Les candidats doivent envoyer leur maquette MP3 ou WAV par WeTransfer à acriasabdam@gmail.com. Le thème imposé est “Bomoyi, kaka se bomoyi ! – La Vie rien que la Vie !” », a-t-il détaillé.
Il a ajouté que le jury sélectionnera une meilleure chanson dotée de 500 dollars et d’une interprétation scénique lors du Salon. « Les chansons des lauréats nominés pourraient être diffusées sur les ondes pour des raisons promotionnelles », a-t-il signalé.
Concernant la bande dessinée, le bédéiste a expliqué que les candidats doivent proposer une histoire originale de 2 à 4 planches, en couleur ou en noir et blanc, format A4 recto seul.
« Tous les courants sont acceptés : manga, comics, BD européenne. Les techniques sont libres : crayon, plume, feutre, gouache, peinture. L’outil informatique est permis si cela relève de la créativité de l’artiste, mais l’utilisation d’images générées par l’IA est considérée comme une tricherie et strictement interdite », a-t-il souligné.
Il a ajouté que le décalque est formellement interdit et que tout plagiat élimine automatiquement.
Selon lui, le premier prix BD est doté de 500 dollars, le deuxième de 300 dollars et le troisième de 200 dollars, avec des matériels professionnels, livres et albums pour les dix premiers.
« Un tandem scénariste-dessinateur est permis. Cependant en cas de victoire, le tandem sera considéré comme un seul lauréat », a-t-il précisé.
« Dans le souci de faire la promotion de nos valeurs, il est permis d’utiliser une des langues reconnues en République démocratique du Congo à condition de l’accompagner d’une traduction en français en annexe pour le jury », a-t-il insisté, pour les deux concours.
Il a indiqué que le jury est composé de professionnels du secteur, d’un représentant du Ministère de la Culture, Arts et Patrimoine, d’un journaliste culturel et d’un représentant d’ACRIA asbl.
« Sont appréciés : le respect du thème, la qualité littéraire ou artistique, l’originalité, l’arrangement, l’orchestration pour la chanson, et la note d’intention pour la BD. Le jury est souverain et ses décisions sans appel », a-t-il expliqué.
« Pour les deux concours, le lancement est fixé au 7 mai 2026 et la remise des œuvres au 6 juillet 2026 au plus tard. Tout candidat mineur est placé sous la responsabilité de son représentant légal durant toute la journée du concours. Les lauréats seront proclamés le 11 septembre 2026 lors de la cérémonie d’ouverture du Salon », a précisé l’artiste.
Lancement du cercle Sabdam
Ces concours s’inscrivent dans la dynamique du cercle Sabdam, un cadre permanent d’échanges et de réflexion mis en place pour fédérer les énergies créatives et pallier la dispersion des acteurs du 9ᵉ art.
« Le cercle Sabdam qu’on vient de mettre en place, c’est l’occasion de rassembler plumes, crayons, éditeurs et diffuseurs autour d’une même table. Nous fédérons ces énergies créatives parce que la BD africaine ne peut plus avancer en rangs dispersés », a déclaré Barly Baruti.
Selon l’artiste, ce cercle a été lancé par l’Atelier de création, de recherche et d’initiation aux arts (ACRIA) en partenariat avec l’Agence Congolaise pour l’Action Culturelle (ACAC asbl).
Il a expliqué qu’il réunit tous les maillons de la chaîne du 9ᵉ art en RDC, notamment les auteurs, dessinateurs, coloristes, scénaristes, éditeurs, libraires, écoles d’art, journalistes et diffuseurs, pour briser l’isolement et structurer une vraie filière.
D’après l’initiateur, ce cercle répond à un besoin de coordination après six ans d’absence du Salon.
« Sabdam veut créer des ponts entre la création, l’édition et la diffusion. Ce cercle veut accrocher les idées et les regards sur le Sabdam pour que chaque acteur trouve sa place dans la chaîne du livre et que les écoles se rapprochent des débouchés professionnels », a-t-il expliqué.
Barly Baruti a ajouté qu’au-delà de l’organisation du Salon, le cercle se donne pour missions de documenter la mémoire de la BD africaine, former la relève à travers des ateliers et réfléchir à l’impact du numérique sur le métier.
« Les œuvres primées seront cédées à l’ACRIA pour des raisons d’archivage et d’usage d’ordre promotionnel, exclusivement à des fins culturelles. Tout usage commercial est exclu », a-t-il conclu, avant d’inviter les passionnés du 9ᵉ art à ne pas confondre les échéances : « Il ne faut pas confondre les rendez-vous Tanga Banda. Ce sont des ateliers préparatoires qui ouvrent la voie au Sabdam prévu en septembre de cette année », a-t-il insisté.
ACP/C.L.

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